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Le Nord des Pays-Bas, un avant-goût de Scandinavie.

Interprète, descendante de capitaines au long cours, pilleurs d’épaves, armateurs, employés à la Compagnie des Indes, les étoiles s’étaient alignées pour que je taille la route et devienne Travel Planner. Ma marotte ? L’histoire de l’art...

Gretel Van Son

À la découverte de l’archipel des Wadden et de la Frise.

Les Néerlandais combinent deux traits de caractère rarement compatibles : d’une part ils sont résolument tournés vers la modernité, d’autre part ils tiennent à préserver leur patrimoine. En effet, si le système des polders s’avère ingénieux, les habitants des Pays-Bas sont exposés plus que d’autres à la montée des océans. Aussi ont-ils érigé des superstructures – sortes de pales qui s’actionnent automatiquement en cas de crue afin de protéger leurs digues. Par ailleurs ils perpétuent leur art de vivre avec les cafés bruns où ils se retrouvent volontiers le soir autour d’une bière et au son d’un orchestre live… Rendons-nous en Hollande septentrionale et plus précisément dans l’archipel des Wadden, puis nous franchirons la digue du Nord pour rejoindre la Frise que Lonely Planet a classée  parmi les perles cachées en Europe…  

L’archipel des Wadden.

L’île du Texel.

À l’issue d’une brève traversée depuis Den Helder, vous accosterez sur l’Île du Texel. Quel décor de carte postale que le phare rouge du Nord de l’île et quel paysage lunaire offre la plage infinie de Stranglag avec ses cabines peintes de blanc. Cependant Texel comporte d’autres attraits comme des musées insolites, des villages historiques ou des réserves naturelles.

Les Néerlandais combinent deux traits de caractère rarement compatibles : d’une part ils sont résolument tournés vers la modernité, d’autre part ils tiennent à préserver leur patrimoine.

Ses musées.

Ici les musées sont en plein air, vivants, interactifs… Celui dédié aux pilleurs de plage (beachcombers) ne manquera pas de vous amuser. Le plus curieux est que cette activité ait perduré dans le temps ! Au musée Flora, Jan Uitgeest, pilleur de plage de profession, vous montrera en personne les trésors qu’il a récoltés qui vont de la bouteille à la mer aux balises de détresse. À propos, que dit le règlement de l’île au sujet des marchandises échouées ? Si elles comportent une valeur, alors elles doivent être confiées au maître d’épaves qui en recherche le propriétaire. Dès lors qu’il lui est impossible de le localiser, il doit les remettre à la municipalité, mince ! S’agissant de chasse au trésor, le musée en propose justement une à vos chères têtes blondes, ils pourront également pêcher pour de vrai ou apprendre à faire un nœud marin.

Le musée Kaap Skil à Oudeschild retrace, pour sa part, l’histoire maritime de l’Île grâce à des maquettes de vaisseaux qu’on peut manipuler. Vous y apprendrez par exemple que la rade du Texel constituait un mouillage important de la flotte néerlandaise entre le 17ème  et  le 19ème siècle. Pour terminer, grâce à la section d’archéologie sous-marine, vous en saurez davantage sur les épaves qui gisent dans les fonds marins ; elles ont longtemps été protégées par les sables avant que les courants ne changent et les découvrent alors intactes.  Autant dire que les plongeurs raffolent de cette côte !

Ses villages.

Plus encore que Den Burg, la ville principale du Texel dans laquelle vous pourrez faire du shopping, je vous conseille les villages historiques de Oosterend et De Waal. C’est que le temps semble s’y être figé. Les bourgs regorgent de pont-levis, canaux et maisons de poupées. Le sens de l’esthétique se reflète dans les habitations :  peintures léchées, objets de marine anciens sans parler des fleurs…  

D’ailleurs, avez-vous remarqué que les baies ne comportaient souvent pas de rideaux ? Désireux de laisser pénétrer la lumière, les Néerlandais n’en sont pas moins protestants et à ce titre n’auraient rien à cacher…  Vous entendrez tinter les carillons des beffrois, ces tours qui symbolisaient les privilèges dont jouissaient les communes. À ce propos, le maire d’un village se nomme ici le bourgmestre et il n’est pas question de mairie mais d’hôtel de ville.

Arrêtez-vous dans un restaurant pour boire une bière brassée localement : la Skuumkoppe à moins que vous ne préfériez la liqueur au nom imprononçable de « Jutterte » ! Les Néerlandais sont polyglottes et ils viendront à votre rescousse ! Enfin, à Den Hoorn vous serez conquis par l’église romantique et peut-être aurez-vous le loisir d’assister aux événements artistiques ou bien d’apercevoir au printemps les champs de tulipes aux bandes multicolores.

Une nature foisonnante.

 J’espère bien que vous avez emporté vos jumelles car l’archipel des Wadden correspond à un paradis pour les amoureux de la nature. Du fait du relief mêlant plages, lacs, prairies et canaux, se sont établies sur place une flore et une faune diversifiées. Afin de vous familiariser avec les espèces rendez-vous à Ecomare dans la commune de De Koog.

Des réserves naturelles pour les amoureux de faune et de flore.

Il y a fort à parier que vos enfants pleurent pour quitter les lieux. C’est que tout a été pensé pour qu’ils puissent observer au plus près les animaux. Ils déambuleront autour des bassins, se colleront à l’aquarium et verront entre autres des marsouins, des phoques, de petites baleines voire des … requins !

En outre l’île compte des réserves naturelles telles que celle De Slufter. Elle correspond à une zone naturelle inondée par un raz de marée où fleurit la lavande de mer. Quant à celle De Muy, elle recèle des orchidées sauvages. A ce propos, comment ne pas les confondre ? Vous connaissez leurs fleurs aériennes, alors observez bien les feuilles. Celles d’une orchidée sont systématiquement plaquées au sol, elles sont étroites et leurs stries sont parfaitement parallèles. Par ailleurs, vous croiserez des échassiers blancs que vous identifierez facilement comme spatules grâce à leur long bec noir aplati en son bout.

La Frise.

À présent franchissons la digue du Nord (Afsluitsdijk) de 32 km de long afin de gagner la Frise. Il aura fallu une inondation en 1912 pour qu’on entreprenne cet ouvrage qui crée une mer intérieure à l’abri de la houle et que l’Amstel, le fleuve qui baigne Amsterdam, vient alimenter en eau douce.

Leeuwarden.

Dirigeons-nous vers Leeuwarden, le point de départ du tour des 11 villes de Frise. Lorsque l’hiver est rigoureux et que les canaux sont gelés, alors peut avoir lieu la compétition de patinage des 11 villes. La dernière en date-celle de 1997 réunit 2 millions de spectateurs et 15000 participants. Néanmoins à l’origine, en 1890 ; ils ne furent qu’une centaine de patineurs à se lancer un défi : relier toutes les villes en une seule journée ! Pourquoi ne pas s’inspirer de ce tracé pour découvrir la Frise ?

Nous prendrons logiquement la route depuis Leeuwarden dont l’histoire est marquée par des actes de piraterie et qui vit naître …Mata Hari. La danseuse et courtisane néerlandaise accusée à tort d’espionnage fut fusillée pendant la Première Guerre Mondiale, d’ailleurs vous pourrez contempler sa statue non loin de sa maison natale ! Autre personnalité de Leeuwarden que le peintre Escher. Cet artiste du XXe siècle était féru de mathématiques. Il réalisa des tableaux aux motifs géométriques, des toiles où s’enchevêtrent des escaliers, se croisent des damiers… L’art est omniprésent dans cette ville au centre coquet à l’image des sculptures monumentales qui la jalonnent. A vous de repérer celle de la vache frisonne, emblème de la province !

Sneek.

À la fois réputée pour sa porte d’eau en briques flanquée de deux tourelles et pour ses courses nautiques, la ville de Sneek mérite que vous y fassions halte. Profitez-en pour boire un café accompagné d’un speculoos dans un café installé au pied du petit pont. Puis empruntez un ferry pour Enkhuizen, une forteresse remontant à l’Age d’Or des Pays-Bas. Cette ville portuaire a connu jadis un essor grâce à la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales. Sur les rives du lac Ijsselmeer (mer intérieure), je vous recommande vivement de visiter Hindeloopen, un ancien village de marins que JATA a élu parmi les plus beaux d’Europe. Des ruelles bordées de maisons basses, des roses trémières, des galeries de peintures, boutiques d’artisanat marin… 

Harlingen et Franeker.

Désormais gagnez Harlingen qui forma un port de chasse à la baleine depuis lequel on pêche de nos jours la crevette. Sur place vous aurez peut-être la chance de voir une revue navale ou de participer aux journées de la pêche. À tout le moins vous contemplerez les klippers– voiliers à fond plat ou goélettes à bord desquels vous pouvez très bien séjourner. Dernière étape de notre tour que Franeker, célèbre autrefois pour son université et qui recèle une fontaine signée Othoniel et une sculpture de Plensa gardant l’entrée de la gare. Cependant la bourgade tranquille comporte un plus beau joyau encore : son planétarium ancien Eise Eisinga au sein duquel se déplacent les astres grâce à un système d’horlogerie.

Désormais gagnez Harlingen qui forma un port de chasse à la baleine depuis lequel on pêche de nos jours la crevette.

De l’invention du planétarium de Franeker…

Un prêtre frison fit en 1774 une prophétie alarmante : d’après les trajectoires des astres, la Terre allait entrer en collision avec le soleil et se consumer. Afin de contredire cette théorie absurde un scientifique de Franeker eut l’idée de construire un planétarium dans sa maison où serait représenté et mis en mouvement le ciel, c’est ainsi que ce planétarium animé fut construit !  

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