pluieurs iles à marée basse au large de roscoff

Le Finistère.

Interprète, descendante de capitaines au long cours, pilleurs d’épaves, armateurs, employés à la Compagnie des Indes, les étoiles s’étaient alignées pour que je taille la route et devienne Travel Planner. Ma marotte ? L’histoire de l’art...

Gretel Van Son

L’âme celte transparaît dans le caractère de ses habitants…

De tout temps, les Finistériens ont été des bourlingueurs. Terre- Neuvas, résistants de l’île de Sein, navigateurs modernes, ils ont bravé les océans. Partons explorer une île à la végétation exotique, de petites montagnes, des landes peuplées de korrigans, des bras de mer, une surprise vous attend…

Roscoff, au pays des Johnnies.

Les Roscovites exportent depuis le 19 ème siècle leurs oignons rouges en Angleterre. Au commencement, ils les livraient sur l’île à vélo! Ce qui ne manque pas de frapper le voyageur dans cette pointe du Finistère Nord est son estacade (jetée) insubmersible longue de plus de 500 m. Non seulement elle offre un panorama bluffant sur la baie avec ses eaux bleu marine mais on y devine des roches affleurantes qui constituent autant d’îlots sauvages. Depuis ce quai vous faites dos à la vieille ville et ses ruelles dans lesquelles il fait bon s’enfoncer.

Hormis ses chapelles vous y contemplerez ses maisons d’armateurs de style Renaissance avec leurs lucarnes. Vous vous extasierez devant les agapanthes bleues qui jonchent les jardins. Cette variété en provenance du Cap de Bonne Espérance s’épanouit uniquement dans les climats océaniques. Si vous êtes gastronome, demandez une complète à base de farine de froment car c’est ainsi qu’on préparait autrefois les crêpes salées!

Les Roscovites exportent depuis le 19 ème siècle leurs oignons rouges en Angleterre. Au commencement, ils les livraient sur l’île à vélo!

L’île de Batz.

Nous voilà à bord de la navette en direction de Batz. Passé le phare, nous faisons mer, cheveux au vent. Après avoir accosté, nous suivons à main droite le sentier qui contourne l’anse en direction du jardin George Delaselle. Bientôt nous sommes dépassés par des cyclistes; rares sont les véhicules autorisés sur place. Tout à coup, nous nous trouvons en présence de plantes verticales qui font penser à de petits cyprès dont les terminaisons comportent des fleurs violettes.

Nous apprendrons plus tard quel mystère entoure ces essences naturalisées à l’île de Batz. Puis nous sommes interpelés par une fillette qui poursuit un trésor dans les ruines d’une basilique. Personnellement j’adore fouler lieux de culte romans à ciel ouvert dans lesquels la nature a repris ses droits! Non loin de là se dresse une butte surmontée d’arbres géants, s’agit-il d’une motte féodale? Que nenni, c’est le jardin botanique que nous visions. Comme c’est singulier, une végétation exotique sur une île bretonne! C’est que le lieu bénéficie à la fois de la douceur du gulf stream et des cyprès gigantesques qui forment un rempart au vent.

Le jardin botanique de Batz.

Au sein de ce jardin exotique notre esprit vagabonde entre un jardin sud-africain, une palmeraie, un bassin japonais, une cacteraie… A propos, les fameuses plantes que nous avions croisées se nomment Échiums ou vipérines et proviennent des Canaries.

Je vous livre quelques espèces de cet herbier extraordinaire : la Cordylline tissée par les Maori, les pommes de kangourou originaires de Tasmanie, les géraniums de Madère rose pâle, les iris d’Alger… Comment donc l’idée a -t-elle germé au tournant du 20e siècle dans l’esprit d’un assureur parisien pour qu’il imagine un tel paradis planté ? De visite à Batz, il observe des espèces botaniques inconnues. En s’informant il réalise que les navigateurs les ont rapportées de leurs voyages dans les mers australes. Or l’île est battue par les vents, il décide alors de créer des dunes artificielles afin d’abriter davantage la butte. Il met alors au jour une petite nécropole qu’il choisit de conserver!

Un temps laissé à lui-même le jardin est envahi par la végétation luxuriante. C’est grâce à la volonté de bénévoles qu’il recouvre son aspect domestiqué. Il passera finalement aux mains du Conservatoire du littoral.


NB: Afin de reprendre des forces, marquez un arrêt au café Gortozen sur votre chemin de retour et goûtez une glace artisanale à la pistache ou au marron.

Le pays Pagan.

À présent, je vous propose l’aventure en Pays Pagan autrement dit païen. Cette région côtière s’étend d’Est en Ouest de Goulven à Guisseny. Accompagnez- moi lors d’une séance de …. spiritisme ! Nous nous rendons chez Tugdual, un septuagénaire qui possède apparemment un don: celui de localiser des personnes. Bientôt son pendule se met à osciller et le druide pose son doigt sur un point de la Méditerranée au large de la Sardaigne. Il s’agit de la position du catamaran sur lequel voguent mes enfants! Or je me suis bien gardée d’évoquer ma famille, je suis bluffée !

Décidément nous sommes en terre païenne et pour preuve la persistance des pardons, sortes de cérémonies religieuses d’inspiration païenne ! Désormais nous gagnons Keremma, où s’alignent des dunes de sable blanc à perte de vue. Comment expliquer la présence d’ une centaine de manoirs concentrés dans ce hameau? Ils faisaient partie d’un phalanstère ou village communautaire fondé par des polytechniciens au tournant du XX e siècle. Le plus surprenant est que les 700 descendants toujours propriétaires des lieux s’y retrouvent tous les 15 aout!

Petites pépites côtières : Meneham, Aber Wrac’h, Lilia et Triglonou.

En bordure de littoral, au pied des dunes herbeuses, faites une pause photo devant les galets polis de Meneham, une curiosité naturelle…
Plus à l’Ouest voici l’Aber Wrac’h la plus longue et la plus septentrionale des rias. Hissez-vous au pied de son sémaphore et soyez ébloui par le soleil rasant qui couvre ses méandres. Aux commandes 2 guetteurs surveillaient la côte et à la nuit tombante, le sémaphore était relayé par le Phare de la Vierge. S’il n’est plus en activité, il offre néanmoins une vue imprenable sur l’entrée de l’aber.

Poussez alors jusqu’au port de Lilia ( commune de Plouguerneau) pour son phare de la Vierge, le plus haut d’Europe. Il veille sur la côte semée d’écueils depuis 1902. Accessible à marée basse , il vous faudra gravir près de 400 marches pour atteindre sa lanterne! Pour autant vous serez récompensé puisque ce sont 12500 opalines qui tapissent l’intérieur!

L’Aber Benoit s’observe, quant à lui, le mieux depuis le pont qui l’enjambe au pied du village de Triglonou. Comme le spectacle varie avec les marées; par basse mer le sable se découvre et les ocres dominent. Par haute mer le bleu du ciel est réfléchi dans l’eau qui scintille. D’ailleurs le GR 34, le plus populaire de tous autrement nommé sentier des douaniers, le plus emprunté des longe les abers.


NB: laissez-moi vous recommander une maison d’hôtes, La Petite Valise à Ploudalmézeau. Remontant au XVII ème siècle, elle a été restaurée avec soin.

Brest.

Que vous soyez plus versé sur les sciences ou que vous penchiez pour l’art contemporain, Brest à de quoi vous occuper les jours de pluie. Océanopolis vous plonge dans le monde des océans ne serait- ce que par son architecture en forme de crabe. L’aquarium géant a de quoi vous impressionner avec ses anémones polaires, les raies pastenague à points bleus, les poissons Napoléon ou les loutres d’Europe. Ne manquez sous aucun prétexte les ateliers des Capucins à Brest. Ce bâtiment forme un merveilleux exemple de réhabilitation.

Autrefois arsenal, il fut rétrocédé à la ville en 2009 et reconverti en centre d’ expositions, alors renseignez-vous! Pour le rejoindre, empruntez depuis le Port de plaisance le téléphérique urbain. Lorsque je l’ai visité, une sculpture monumentale de Henry Moore prêtée par la fondation Leclerc y était visible qui s’intégrait parfaitement au lieu. À ses pieds vous pourrez arpenter la rue saint Malo et ses artisans d’art. Il s’ agit de la seule ayant échappé au bombardement de Brest pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Les monts d’Arrée.

Rendons-nous à présent dans les Monts d’Arrée à l’intérieur des terres. La montagne saint Michel offre un point de vue époustouflant sur le Parc Naturel Régional d’Armorique. Outre les sommets avoisinant les 400 m, le relief est ici composé de marécages, forêts où étangs. Rien de surprenant Alors que se soient développées de nombreuses croyances et légendes.

Sizun et la Martyre.

Notre première étape nous conduit à Sizun également situé dans le pays des enclos paroissiaux, ces ensembles architecturaux composés d’une église, un ossuaire… le tout entouré d’une enceinte. C’est qu’au XVI et XVIIe siècle la Bretagne fournissait le lin et le chanvre nécessaires à la confection des voiles des bateaux marchands. Figurez- vous qu’à cette époque Le Breton était une langue commerciale au même titre que l’anglais! En outre, la petite ville de saint-Cadou comporte des ardoiseries.

La montagne saint Michel offre un point de vue époustouflant sur le Parc Naturel Régional d’Armorique.

Toutefois j’ avoue préférer le site de la Martyre situé à quelques encablures point de départ du circuit des enclos paroissiaux. Du haut de son porche triomphal on surveillait les foires. En outre La Chapelle dispose de fresques, fonts baptismaux et statues monochromes sans parler des bannières brandies du lors des pardons.


NB: pour compléter votre immersion dans la culture celte, visitez la Vallée des Saints, un projet fou de sculptures monumentales à l’image de l’île de Pâques.

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