Euskadi, le Pays Basque dans toute sa splendeur.

Interprète, descendante de capitaines au long cours, pilleurs d’épaves, armateurs, employés à la Compagnie des Indes, les étoiles s’étaient alignées pour que je taille la route et devienne Travel Planner. Ma marotte ? L’histoire de l’art...

Gretel Van Son

Une région à part.

Le Pays Basque n’en finit pas de surprendre à commencer par sa langue qui n’est pas indo-européenne !

Je ne sais pas si vous avez déjà assisté à une partie de pelote basque. Si tel n’est pas le cas, je vous recommande de tenter cette expérience grisante et surtout de parier ! Pour ma part, j’avais en mémoire les scènes de Ramuntcho, le personnage de roman de Pierre Loti. Svelte, entièrement vêtu de blanc, il saisit la pelote dans sa chistera et sans marquer d’arrêt il esquisse un mouvement naturel et la voilà qui fuse vers le camp adverse. Ce que j’ignorais lors de ma lecture et que je devais apprendre lors de cette partie auprès d’un amateur, c’est que les pelotes atteignent parfois les 300 km/h !

Bienvenue sur une terre peuplée de frontons au sein desquels les enfants s’essaient à la pelote dès leur tendre âge. La fascination qu’exerce le Pays Basque tient également à sa géographie : ici les contreforts des Pyrénées s’avancent dans l’Atlantique. Rares sont les lieux qui présentent ces deux reliefs et on peut observer les déferlantes depuis la route de la Corniche entre saint Jean de Luz et Hendaye.

Les pelotes atteignent parfois les 300 km/h !

Saint Jean de luz.

Saint Jean, ce fut le peintre Sorolla qui a su la rendre avec ses scènes de plage : des enfants à la baignade, des voiles de bateaux de pêche qui se gonflent au vent…  Accessible à pied depuis la ville rendue piétonne, la Grande Plage Sud est plébiscitée par les vacanciers. Il faut reconnaître que ses cabines de plage lui confèrent un charme suranné, on se croirait dans les vacances de Monsieur Hulot ! 

Pour avoir assisté à une messe de minuit dans la cathédrale saint Jean Baptiste, la ferveur des Basques est palpable dans leurs chants. Louis XIV et l’infante Marie-Thérèse se sont unis dans cette église de style labourdin en 1660. Ils sont alors âgés de 21 ans !

La ville compte, par ailleurs des boutiques de linge basque reconnaissable à sa bayadère qui était composée de 7 rayures représentant les 7 régions du Pays Basque. Le tissage est toujours réalisé sur place et grâce au climat humide, le fil de lin ne casse pas !

Enfin, faites une halte gourmande à la maison Adam et offrez-vous un gâteau basque fourré à la crème ou aux griottes ! Toutefois l’âme des lieux vous la rencontrerez aux halles à poissons au sein desquelles vous croiserez des Basques, béret sur la tête s’exprimant dans leur langue. Il faut voir les étals regorgeant d’anchois, de merlu ou de bonite pour le croire.  N’oublions pas que saint Jean est un port thonier ancestral. De plus, on pratique la pêche artisanale à bord d’un ligneur – petit  bateau équipé de lignes à hameçon.  

Biarritz.

Avant de vous parler de Biarritz, laissez-moi évoquer des grands noms tels que Peter Viertel qui introduit le surf en 1956 à Biarritz. Il fut bientôt suivi par Joël de Rosnay, les tontons surfeurs étaient nés. C’est pourquoi la ville comptabilise 18 écoles de surf. Profitez-en pour vous initier à cet art de vivre ! C’est le spot de Marbella qui attire les surfeurs chevronnés mais aussi des candidats aux… casetas : des fêtes basques !

À Biarritz les plages s’égrènent plus splendides les unes que les autres : Plage des Basques, Milady, Ilbarritz… A propos quelle est donc cette bâtisse perchée sur la colline ? Il s’agit de la demeure du baron de l’Espée, un farfelu qui s’est fait construire en 1898 une villa autour d’un orgue monumental ! Mais ce n’est pas tout, figurez-vous que la demeure disposait des dernières avancées technologiques de l’époque : elle produisait par exemple sa propre électricité ! Depuis le casino à 3 niveaux qui domine la Grand Plage, vous bénéficiez d’une vue impeccable sur l’océan et les roches qui affleurent.

Pour ma part, j’apprécie encore plus le sentier illuminé qui serpente en direction du Rocher de la Vierge, une curiosité naturelle reliée au continent par une passerelle Eiffel. Pourquoi a-ton creusé dans cette roche une niche pour y mettre une madone ? La légende veut que lors d’une tempête, des baleiniers biarrots aient miraculeusement  réussi,  guidés par la lumière divine, à rejoindre sains et saufs la terre.

En remerciement ils font ériger une statue de la vierge qu’ils placent à l’entrée du port ! Enfin comment évoquer Biarritz sans mentionner l’Hôtel du Palais, ancienne résidence de Napoléon III ? C’est- que l’impératrice Eugénie, l’épouse de Napoléon III était tombée sous le charme de Biarritz. Aussi en avait-elle fait son lieu de villégiature d’été. D’ailleurs si vous observez bien le plan du palace, il forme un E ! 

Espelette.

Hormis les villes, le Pays Basque compte aussi des villages extraordinaires comme Espelette avec son piment que les explorateurs rapportèrent d’Amérique du Sud dans leurs bagages. J’avoue adorer le mélange chocolat piment ! À ce propos, on l’ignore souvent mais ce fut Colomb qui  introduisit le chocolat dans notre alimentation !

Ainhoa et ses alentours.

Dans le village-rue d’Ainhoa tout vallonné, ne ratez pas Les pains d’épices d’Ainhoa à l’orange confite. (Chut ! l’adresse n’est connue que des Basques). Enfin, Ici vous rencontrerez des randonneurs car l’endroit constitue un point de départ pour des sentiers pédestres. Par ailleurs ne manquez sous aucun prétexte Saint Jean Pied-de-Port- une étape prisée sur la route vers saint Jacques de Compostelle !

Si je vous dis que Winston Churchill adorait cet endroit, vous me direz : Sare ! C’est d’ici que grimpe le petit train en direction de la montagne de la Rhune qui culmine à  900m. Pour gravir cette montagne magique, on a conservé le train à crémaillère Stub ! De surcroit une belle surprise vous attend à son sommet : une table d’orientation en réalité augmentée ! Peut-être pourrez-vous apercevoir des pottocks en liberté, ces poneys basques robustes ! Une fois sur place, si vous êtes curieux, faites un saut aux grottes préhistoriques de Sare qui proposent un parcours souterrain en son et lumière ! Renseignez-vous car régulièrement sont organisés des ateliers lors desquels vous laisserez votre empreinte de main sur les parois !

NB : amateurs de sensations fortes, j’ai ce qu’il vous faut : le pont suspendu d’Holzarte dans la commune de Larrau qui enjambe un canyon à quelques 100 m au-dessus du sol ! 

Hendaye.

À cheval sur la frontière espagnole, la plage d’Hendaye s’étale à perte de vue. Le front de mer sur 3 KM  laisse à voir des villas basques à colombage. Autrefois transmises à l’aîné des enfants afin de ne pas éparpiller le patrimoine, elles possèdent des proportions imposantes et obéissent à des couleurs imposées : rouge sombre, bleu de Prusse ou vert foncé. C’est qu’Hendaye fut une station balnéaire de luxe jusque dans les années 30 avec son tram, son casino, ses Galeries Lafayette… Les amateurs de kite surf, de paddle ont investi les lieux et personnellement  j’y ai pratiqué, enfant, le char à voile.

Néanmoins ce que j’affectionne par-dessus-tout est la traversée vers Fontarabie en navette. En 15 mn vous gagnez ce village médiéval de pêcheurs et vous contemplez sur le promontoire rocheux le château de Charles Quint reconverti en parador ! Installez-vous sur l’une de ses placettes pour boire un vermout ou un sirop d’orgeat, l’Espagne pointe ici sa corne ! Puisque c’est une frontière, on y pratiquait largement la contrebande : café, cacao, vin… À ce propos les Basques vous rétorqueront avec justesse que la frontière reste à leurs yeux une notion somme toute abstraite. D’ailleurs dans le roman de Loti, fils d’adoption du Pays Basque, Ramuntcho la pratique sans vergogne !

Saint Sébastien.

Saint Sébastien en Pays Basque espagnol est réputé pour sa plage de la Concha en forme de coquillage. Le magazine Travel and Leisure l’a déclarée deuxième meilleure plage urbaine du monde. Cependant une autre plage : Ondarreta que j’apprécie tout autant, attire les body surfeurs pour ses rouleaux ! Si vous appréciez la gastronomie, vous serez à votre aise dans cette ville basque espagnole. D’une part vous y goûterez les pintxos ou tapas vendus dans les bars animés à base de serrano ou d’omelette. D’autre part saint Sébastien compte des restaurants étoilés. Arzak pour ses desserts de cuisine moléculaire, Berasategui d’inspiration asiatique et Akelarre sur le flanc du mont Igueldo. Sur cette colline ne boudez pas le parc d’attractions désuet qui comprend la Montagne Suisse ou la Promenade du Rire…

N’hésitez pas à emprunter le funiculaire qui date de 1912 pour vous y rendre afin de voyager dans le passé ! L’ambiance huppée de Donostia vous poussera à la dépense : s’y côtoient les boutiques élégantes de vêtements, de décoration intérieure et les épiceries fines ! Enfin, je voudrais vous recommander un événement qui a lieu au large de Saint Sébastien en aout. Vous donnez votre langue au chat ? un concours international de feux d’artifice que l’on peut contempler depuis une vedette, un moment de grâce ! 

Bilbao.

Que ceux qui voyaient en Bilbao une ville espagnole industrielle ont dû être surpris ! Avec l’arrivée du Musée Guggenheim en 1997 consacré à l’art moderne et contemporain, la ville a connu un second souffle. C’est Frank Gehry qui a conçu le musée. Des plaques de titane comme du papier froissé mais étincelant dans le ciel, la ville vaut le détour. D’ailleurs les amateurs d’art affluent sur place lors des expositions-événements telles que celle dédiée à Olafur Eliasson

Avec l’arrivée du Musée Guggenheim en 1997 consacré à l’art moderne et contemporain, la ville a connu un second souffle.

C’est- au Guggenheim de Bilbao que j’ai observé pour la première fois les œuvres de Richard Serra. Il s’agissait de tôles monumentales oxydées et disposées sur le sol à la manière d’un labyrinthe. Le Puppy de Jeff Koons, immense, recouvert de fleurs multicolores, trône à côté du musée. Pour les amoureux de l’art et du design, l’on a aménagé une promenade au sein du parc qui jouxte le musée : Abandoibarra. En outre, un centre civique  a été redessiné par Philip Starck, il se nomme Azkuna. Enfin, n’omettez pas de visiter le pont de Bizkai, un joyau de l’architecture industrielle déclaré au Patrimoine de l’Unesco.

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