mur de berlin

Berlin, du cinéma aux séries.

Interprète, descendante de capitaines au long cours, pilleurs d’épaves, armateurs, employés à la Compagnie des Indes, les étoiles s’étaient alignées pour que je taille la route et devienne Travel Planner. Ma marotte ? L’histoire de l’art...

Gretel Van Son

Berlin, lieu de prédilection pour écrivains et cinéastes.

Décor de nombreux films…

Où mieux planter le décor d’un film d’espionnage qu’à Berlin ? Force est de reconnaître que Berlin a inspiré des récits rocambolesques. Arrêtons-nous sur une institution, l’hôtel Adlon. Il donne sur la Pariser Platz et fait face à la porte de Brandenburg. Ce haut-lieu de la capitale a traversé les époques. Il a accueilli Joséphine Baker, Marlene Dietrich ou Charlie Chaplin. Détruit il n’a retrouvé son aspect originel qu’en 1997. Pourquoi Philip Kerr y situe-t-il sa trilogie berlinoise ? C’est qu’il est idéalement placé, à deux pas des principales ambassades. Si vous vous y rendez, il y a fort à parier que vous dégusterez une bière fine telle que la fameuse Fösters Feine. Alors vous serez plongé dans le Berlin des agents de renseignements. Vous pourriez même vous surprendre à croire que votre voisin de dos n’est pas un simple journaliste mais qu’il travaille à la solde du FSB.  Non seulement Berlin a constitué un lieu de prédilection pour les écrivains. Elle est devenue depuis récemment un lieu de tournage pour les réalisateurs de films et de séries. Je vous invite à déambuler dans la capitale allemande au fil des images…     

 Les Ailes du désir, le chef d’œuvre de Wim Wenders de 1987 se déroule, rappelez-vous, à Berlin.  L’histoire ? Deux anges, Cassiel et Damiel descendent du ciel et côtoient les humains sans être vus. Ils font la rencontre d’un ancien ange (Peter Falke) qui sent leur présence et leur communique sa foi en l’humanité. Puis Damiel tombe amoureux et décide de rester sur terre. Lorsqu’il est perché sur le haut d’une église, c’est depuis le haut de l’Eglise du Souvenir qu’il observe. Ce monument dont le clocher a été bombardé pendant la Seconde Guerre Mondiale existe bel et bien. Vous le trouverez à l’entrée du Kurfürstendamm. Il en va de même pour la Colonne de la victoire (Siegessaüle) surmontée de sa statue dorée Victoria qui rend hommage à la Prusse. Vous pourrez l’observer dans le Tiergarten, actuel quartier de Mitte. Non loin de là se situe la Bibliothèque d’Etat qui apparait également dans certaines scènes. Nous entendons la voix intérieure des étudiants appliqués à leur lecture.   

Où mieux planter le décor d’un film d’espionnage qu’à Berlin ?

La Vie des autres. Ce thriller datant de 2006 du réalisateur et scénariste von Donnersmark qui remporta de nombreux Oscars et même un Golden Globe, a été tourné à Friedrichshain à Berlin. Les interprètes aussi bien Sebastian Koch qu’Ulrich Mühe ou Martina Gedek  ont réalisé une performance de grande qualité. Quel en était le scénario ? En 1984, un officier de renseignements de RDA reçoit pour mission d’écouter un couple d’artistes de théâtre soupçonnés d’hostilité vis-à-vis du régime. Petit à petit l’agent s’attache à eux au point qu’il fournit un faux rapport à la Stasi afin de les protéger. Il compromet ainsi sa carrière et finit par livrer des journaux. À la fin du film il est interpellé par un livre dans la vitrine de la librairie Karl-Marx. Il comprend que le dramaturge a découvert quel fut son rôle et souhaite lui rendre hommage. Aussi bien les rues que vous apercevez que l’appartement du couple se situent dans ce quartier. Et vous serez étonnés d’apprendre que la librairie existe encore de nos jours.

Good Bye, Lenin se déroule justement à Friedrichshain. Ce drame de 2003 raconte comment un fils fait croire à sa mère, une fervente citoyenne de la RDA  qui se réveille d’un coma prolongé après la chute du mur, que la vie continue inchangée à Berlin-Est. A force de stratagèmes, il réussit un tour de force. Il restitue l’appartement tel qu’il fut. Les prises extérieures de l’immeuble ont été filmées au numéro 21 de la Berolinastrasse à Friedrichshain.  De la même manière le faux JT que le fils crée de toute pièce et qu’il passe quotidiennement à sa mère  ne relate que des informations concernant ce quartier. Finalement  lorsque cette dernière échappant à la surveillance de ses enfants sort de chez elle, c’est dans les rues de Friedrichshain qu’elle se perd. Le saviez-vous ?  Paradoxalement ce sont les territoires qui étaient situés à Berlin-Est qui sont les plus branchés. À Friedrichshain où résident de nombreux artistes vous trouverez d’excellents restaurants végétariens tels que Küfa ou Vöku.

…et de séries !

Babylon-Berlin, cette série allemande à grand budget diffusée à partir de 2017 à propos de la République de Weimar a pour décor Berlin. Malgré l’extrémisme montant la jeunesse cherche à oublier la Première Guerre grâce à une vie nocturne trépidante. Le protagoniste est un inspecteur de la police des mœurs. Vous reconnaitrez de nombreuses scènes filmées sur l’Alexanderplatz (l‘Alex). Sachez que la place avait été rasée puis reconstruite. À cet effet, il a fallu effacer certains bâtiments modernes. Si le café-concert a depuis longtemps disparu, les producteurs ont pris soin de reproduire le Mokta Efti tel qu’il fut. Cet établissement était exotique et inouï. Il comptait un ascenseur, une salle de massages, une salle de billard, un salon de pâtisseries, des trains miniatures…  Ce sont les studios Delphi qui ont reconstitué ce lieu avec génie, la série ayant été dans son intégralité filmée en Allemagne.

Ku’damm 56 – Ku’damm 59 est tout bonnement l’abréviation de Kurfürstendamm, cette avenue majestueuse de Berlin. Donnée sur ZDF en 2016, cette série allemande raconte la vie d’une directrice d’une école de danse et de ses trois filles dans le Berlin Ouest des années 50. Frau Schöllack est conservatrice et cherche à tout prix à marier ses filles à de bons partis. La musique et les danses en provenance des Etats-Unis apportent un vent de modernité qu’elle juge dégénéré. L’école de danse se trouvait sur le Ku’damm. Cette avenue  s’étale sur 3 kilomètres et les Berlinois aiment y faire une promenade. S’opposait à elle autrefois l’Alexanderplatz qui était le centre névralgique de Berlin-Est.  Le Ku’damm regroupe aujourd’hui les grands magasins à l’image de l’enseigne KaDeWe, l’équivalent de Harrods.

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Pour terminer nous attendons avec impatience le dernier volet, Deutschland 89 qui nous fera revivre  la chute du mur. Grâce aux deux saisons précédentes, Deutschland 83 et Deutschland 86 nous avons suivi les aventures d’un espion de l’Est interprété par Jonas Nay en Allemagne de l’Ouest. La série qui se veut divertissante ne prône pas l’apologie de l’Ouest sans pour autant sombrer dans l’ostalgie*. Le plus curieux est qu’il s’agit d’histoires vraies et librement adaptées. Plusieurs endroits de Berlin sont identifiables au sein de la série, citons par exemple le poste frontière Check Point Charlie, les fortifications le long du Mur, ou bien  Unter den Linden.

NB : fous de ciné, c’est à Potsdam que vous trouverez les fameux studios Babelsberg qui servirent de décor aux films l’Ange bleu, le Pianiste ou Inglorious basterds.

Extrait du poème de Peter Handke, leitmotiv du film les Ailes du désir :

Lorsque l’enfant était enfant,
 Ce fut le temps des questions suivantes :
Pourquoi est-ce que je suis moi et pourquoi pas toi ?
Pourquoi est-ce que je suis ici et pourquoi pas là ?
Quand commence le temps et où finit l’espace ?

Peter Handke

*Ostalgie : nostalgie de l’Allemagne de l’Est

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